Le président de la Fédération camerounaise de football (FECAFOOT), Samuel Eto’o, assume son soutien à Gianni Infantino, dont la gouvernance de la FIFA est contestée par plusieurs acteurs du football mondial. Pour l’ancien capitaine des Lions Indomptables, les intérêts et les réalités du football africain ne peuvent pas être analysés avec le même regard que ceux des grandes puissances européennes.
« On ne pourra jamais avoir la même perception des choses que les gros pays », résume Eto’o, qui revendique une lecture différente des réformes engagées par le président de la FIFA.
Eto’o : l’Afrique n’a pas les mêmes priorités
Pour Samuel Eto’o, le débat autour de Gianni Infantino doit être replacé dans le contexte des réalités africaines.
L’ancien joueur du FC Barcelone et de l’Inter Milan estime que les fédérations du continent ont des préoccupations qui ne sont pas nécessairement celles des grandes fédérations européennes.
Infrastructures insuffisantes, manque de moyens, formation, développement du football féminin, compétitions de jeunes et professionnalisation constituent encore des défis majeurs pour de nombreux pays africains.
Dans ce contexte, Eto’o considère que certaines décisions prises sous la présidence d’Infantino ont permis au football africain de bénéficier de nouvelles opportunités.
Pourquoi il refuse de suivre l’UEFA
Le président de la FECAFOOT ne partage donc pas la ligne défendue par certains dirigeants européens qui critiquent la gouvernance d’Infantino.
Pour Eto’o, l’Afrique ne doit pas automatiquement reprendre les positions de l’Europe lorsqu’il est question de l’avenir du football mondial.
Son raisonnement est également lié à la redistribution des ressources générées par les grandes compétitions. L’élargissement de la Coupe du monde à 48 équipes, notamment, constitue selon lui une évolution favorable au continent africain puisqu’elle augmente ses possibilités de qualification.
L’ancien international camerounais estime ainsi que les pays qui ont historiquement disposé des moyens les plus importants ne peuvent pas nécessairement mesurer les bénéfices d’une telle évolution de la même manière que les nations émergentes.
Une position assumée
Samuel Eto’o avait déjà appelé publiquement les fédérations africaines à soutenir Gianni Infantino.
Dans son argumentaire, il met en avant le bilan du dirigeant de la FIFA et les investissements réalisés en faveur des fédérations.
Pour lui, soutenir Infantino ne signifie pas approuver toutes ses décisions, mais reconnaître ce qu’il considère comme des avancées pour le football africain.
Cette position intervient alors que la gouvernance d’Infantino fait l’objet de critiques croissantes, notamment autour de sa manière de diriger la FIFA et de certains projets de réforme.
Le président de la FECAFOOT parle aussi comme ancien joueur africain
La particularité du discours d’Eto’o est qu’il ne s’exprime pas uniquement comme dirigeant fédéral.
Son expérience de joueur africain ayant évolué au plus haut niveau européen nourrit également son analyse. Il connaît les écarts de moyens entre les grandes puissances du football et les fédérations africaines.
Son message revient donc à dire que l’égalité de traitement ne signifie pas nécessairement l’identité des priorités.
Ce qui peut apparaître comme une réforme discutable depuis Paris, Madrid, Londres ou Munich peut être perçu différemment depuis Yaoundé, Accra, Dakar ou Abidjan.
Un choix qui pourrait peser en 2027
Cette prise de position pourrait prendre une importance particulière dans la perspective de la prochaine élection à la présidence de la FIFA.
L’Afrique dispose d’un poids électoral considérable au sein de l’organisation mondiale et pourrait jouer un rôle déterminant dans la reconduction ou non de Gianni Infantino.
En affichant aussi clairement son soutien, Samuel Eto’o contribue donc à structurer une position africaine favorable au président sortant.
Mais cette stratégie n’est pas sans risques. Elle pourrait aussi placer le président de la FECAFOOT au cœur d’une bataille politique qui dépasse largement le football camerounais.
« Penser différemment »
Au fond, le message de Samuel Eto’o est celui d’un dirigeant qui revendique une lecture africaine du football mondial.
Pour lui, le continent ne peut pas simplement adopter les critères et les priorités des fédérations les plus puissantes.
« On ne pourra jamais avoir la même perception des choses que les gros pays », affirme-t-il.
Une phrase qui résume sa position : l’Afrique doit défendre ses propres intérêts, même lorsque ceux-ci l’amènent à prendre ses distances avec une partie du football européen.
Et dans le duel qui se dessine autour de Gianni Infantino, Samuel Eto’o semble avoir choisi son camp.

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