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Politique

Guinée équatoriale : les Obiang affirment avoir déjoué une tentative de putsch

Actualité - Guinée équatoriale : les Obiang affirment avoir déjoué une tentative de putsch
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À Malabo, les autorités assurent avoir déjoué un projet de coup d’État après la saisie d’un conteneur présenté comme une cargaison d’armes. Une affaire qui met une nouvelle fois en lumière le rôle grandissant de la Russie auprès du régime équato-guinéen.

L’affaire est prise très au sérieux à Malabo. Selon des informations recueillies auprès de plusieurs sources, les autorités équato-guinéennes ont été alertées par les services de renseignement russes au sujet d’un conteneur arrivé au port de Bata. Son contenu aurait éveillé les soupçons des enquêteurs, qui auraient découvert des armes susceptibles, selon les autorités, d’être utilisées dans le cadre d’une tentative de déstabilisation du régime.

Une enquête a depuis été ouverte afin de déterminer l’origine de la cargaison, ses destinataires et surtout la finalité réelle de ces armes.

Une alerte venue de Moscou

Selon le scénario présenté par Malabo, l’affaire commence avec un renseignement transmis par les Russes.

Depuis l’arrivée en Guinée équatoriale de combattants liés à Africa Corps, la présence sécuritaire russe s’est progressivement renforcée dans le pays. Une antenne de renseignement russe aurait notamment été installée sur place.

C’est dans ce cadre que Moscou aurait intercepté des communications et alerté les autorités équato-guinéennes sur l’arrivée d’un conteneur suspect au port de Bata.

Les services locaux auraient alors procédé à sa saisie.

Des armes destinées à qui ?

C’est désormais la principale question.

Les autorités équato-guinéennes soutiennent que la cargaison aurait pu servir à préparer une tentative de putsch. Mais l’enquête devra encore établir qui aurait commandé les armes, qui devait les réceptionner et quelle opération était réellement envisagée.

Pour l’heure, aucune preuve publique ne permet d’établir définitivement l’existence d’un complot militaire visant directement le président Teodoro Obiang Nguema Mbasogo ou son fils Teodoro Nguema Obiang Mangue, vice-président chargé notamment de la défense et de la sécurité de l’État.

Cette distinction est essentielle : entre la découverte d’une cargaison d’armes et la démonstration d’un projet de coup d’État, il existe encore plusieurs étapes que l’enquête devra documenter.

La Russie, nouveau partenaire sécuritaire des Obiang

Au-delà de la cargaison saisie, l’affaire illustre surtout l’évolution des alliances de la Guinée équatoriale.

Longtemps proche des puissances occidentales et notamment de l’Espagne, ancienne puissance coloniale, Malabo cherche depuis plusieurs années à diversifier ses partenariats.

La Russie occupe désormais une place croissante dans cette stratégie.

L’arrivée d’Africa Corps, structure héritière de l’écosystème Wagner et placée sous l’autorité du ministère russe de la Défense, s’inscrit dans ce rapprochement.

Pour le régime Obiang, le partenariat avec Moscou offre notamment un appui dans le domaine de la sécurité des dirigeants, du renseignement et de la protection des intérêts stratégiques.

La hantise du coup d’État

La perspective d’un putsch constitue un sujet particulièrement sensible en Guinée équatoriale.

Teodoro Obiang Nguema Mbasogo dirige le pays depuis 1979, après avoir renversé son oncle Francisco Macías Nguema.

Depuis, le régime a régulièrement affirmé avoir déjoué des complots visant à renverser le pouvoir.

Cette histoire explique la vigilance extrême des autorités face à toute circulation suspecte d’armes ou aux activités de groupes étrangers susceptibles de menacer la sécurité du régime.

Le précédent des mercenaires

La crainte d’une opération armée extérieure n’est d’ailleurs pas nouvelle.

En 2004, une tentative de coup d’État impliquant des mercenaires étrangers avait déjà secoué le pays. Le projet présumé, qui visait à renverser Obiang, avait été démantelé avant son aboutissement.

Depuis cet épisode, Malabo surveille avec une attention particulière les mouvements d’hommes et d’armes susceptibles de menacer le pouvoir.

Une affaire à fort enjeu politique

La saisie du conteneur intervient donc dans un contexte particulièrement sensible.

Si l’enquête confirme qu’une tentative de putsch était effectivement en préparation, elle constituerait une nouvelle démonstration de la fragilité sécuritaire du régime.

Mais si les investigations ne permettent pas d’établir clairement le lien entre les armes saisies et un projet de renversement du pouvoir, l’affaire pourrait également alimenter les interrogations sur la manière dont Malabo utilise la menace putschiste pour justifier le renforcement de son dispositif sécuritaire.

Pour l’heure, une chose semble certaine : le conteneur de Bata a ouvert une enquête dont les ramifications dépassent largement la simple découverte d’une cargaison d’armes. Elle touche directement aux relations entre les Obiang et Moscou, à la montée en puissance d’Africa Corps en Afrique centrale et à la question toujours sensible de la succession au sommet de l’État équato-guinéen.


 

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