Un possible cas accidentel de peste pulmonaire ravive les inquiétudes en Russie. Si les autorités fédérales tentent de rassurer, la mise en quarantaine de dizaines de personnes et la fermeture temporaire d'un hôpital alimentent la suspicion.
Une ombre plane sur la région d'Irkoutsk, dans le sud-est de la Sibérie. Une technicienne de laboratoire âgée de 28 ans, employée à l'Institut de recherche anti-peste de Sibérie et d'Extrême-Orient, est décédée fin septembre des suites d'une pneumonie foudroyante. Selon plusieurs médias indépendants russes et des canaux d'information régionaux, la jeune femme aurait contracté la peste pulmonaire après avoir brisé un tube à essai contenant la bactérie Yersinia pestis. Face à la montée des rumeurs, l'agence fédérale russe de protection des consommateurs et de surveillance sanitaire (Rospotrebnadzor) a réagi en affirmant que la situation demeure « stable » et « sous contrôle ». Selon le communiqué officiel, la laborantine serait morte d'une « pneumonie d'étiologie indéterminée » et les premiers examens approfondis menés sur les cas contacts n'auraient pas décelé d'agent infectieux en lien avec ses activités professionnelles.
Sur le terrain, la prudence est pourtant de mise. Début octobre, l'unité d'hospitalisation de la ville voisine de Chelekhov a été temporairement isolée pour des raisons sanitaires, et près d'une centaine de personnes ayant été en contact direct ou indirect avec la victime ont été placées sous observation médicale stricte. Le gouverneur de la région d'Irkoutsk, Igor Kobzev, a déclaré de son côté qu'aucun autre membre du personnel de l'institut n'avait signalé de symptômes suspects.
Bien que la bactérie soit naturellement présente dans plusieurs réservoirs fauniques de la région (notamment chez certains rongeurs sauvages), le dernier cas officiel de peste recensé en Russie remontait à 2016, lorsqu'un enfant de 10 ans avait été contaminé lors du dépouillement d'une marmotte.
La forme pulmonaire, suspectée dans cette affaire, est la variante la plus rare mais aussi la plus dangereuse de la maladie. Directement transmissible d'homme à homme par gouttelettes respiratoires, elle présente un taux de létalité proche de 100 % en l'absence d'une prise en charge antibiotique très précoce. Les instances internationales de veille sanitaire continuent de suivre de près l'évolution des analyses pour confirmer la nature exacte de l'infection.

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