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Complexe sportif d’Olembe : le rêve de la CAN devenu un lourd dossier pour l’État

Actualité - Complexe sportif d’Olembe : le rêve de la CAN devenu un lourd dossier pour l’État
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Pensé comme le joyau des infrastructures de la CAN 2022, le complexe sportif d’Olembe, à Yaoundé, est devenu au fil des années l’un des dossiers les plus controversés des grands projets publics camerounais. Retards, difficultés contractuelles, changements de prestataires, surcoûts et contentieux ont progressivement éclipsé les ambitions initiales du projet.

À l’origine, Olembe devait symboliser le Cameroun moderne. Le complexe avait été conçu pour accueillir les cérémonies d’ouverture et de clôture de la CAN ainsi que plusieurs rencontres de la compétition. Autour du stade devaient également prendre place des hôtels, des espaces commerciaux et diverses infrastructures de loisirs.

Mais derrière cette ambition, le chantier a rapidement accumulé les difficultés.

Un chantier marqué par les retards

Les problèmes d’exécution ont progressivement entraîné des retards et une révision des prévisions initiales. Les relations entre l’État et certains prestataires se sont détériorées, donnant lieu à des ruptures de contrats et à de nouvelles procédures.

À mesure que le chantier avançait difficilement, le dossier prenait une dimension financière et juridique de plus en plus importante. La question n’était plus seulement de savoir comment achever les travaux, mais également de déterminer les responsabilités et les montants éventuellement dus aux différentes entreprises.

Quand les tribunaux prennent le relais du chantier

Les différends contractuels ont ainsi donné naissance à plusieurs procédures judiciaires et arbitrales. L’État camerounais s’est retrouvé confronté à des réclamations financières portant notamment sur l’exécution des contrats et les préjudices allégués.

Ces procédures constituent un risque supplémentaire pour les finances publiques. Aux dépenses initiales peuvent en effet s’ajouter, selon les décisions rendues, des intérêts, pénalités et frais liés aux procédures.

Olembe est donc devenu bien plus qu’un projet d’infrastructure : c’est désormais un dossier financier et juridique complexe.

Quelle rentabilité pour le complexe ?

Au-delà des contentieux, une question essentielle demeure : comment rentabiliser durablement une infrastructure aussi coûteuse ?

L’organisation régulière de matchs, de concerts, de grands événements et l’exploitation des espaces commerciaux pourraient permettre de générer des revenus. Mais cela suppose une programmation constante et surtout un modèle économique suffisamment solide pour couvrir les coûts d’entretien et d’exploitation.

Sans stratégie claire, le complexe risque de rester une infrastructure lourde à entretenir, dont une partie de la facture continuera de peser sur les finances publiques.

Le symbole des difficultés des grands projets publics

Le dossier Olembe dépasse finalement le seul cadre du sport. Il pose la question de la gouvernance des grands projets publics au Cameroun : maîtrise des coûts, respect des délais, suivi des contrats, choix des entreprises et anticipation des risques juridiques.

Le coût réel d’une infrastructure ne se limite en effet pas au montant inscrit au lancement du chantier. Les retards, les avenants, les contentieux, les intérêts et les dépenses d’entretien peuvent considérablement alourdir la facture finale.

Olembe doit désormais sortir du cycle des contentieux

Pensé comme une vitrine de la CAN 2022, Olembe porte aujourd’hui les stigmates d’un projet dont l’exécution n’a pas été à la hauteur des ambitions affichées.

Pour l’État, l’enjeu est désormais double : achever ce qui doit encore l’être, solder les contentieux et surtout donner au complexe un véritable modèle d’exploitation.

Car au-delà des milliards déjà investis, la véritable réussite d’Olembe se mesurera désormais à sa capacité à fonctionner durablement et à produire une valeur économique et sportive à la hauteur des ambitions qui avaient accompagné sa construction.


 

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