Panier

  • Votre panier est vide
Politique

« Ça va castagner dur » : Ousmane Sonko défie Diomaye Faye et plonge Pastef dans la crise

Actualité - « Ça va castagner dur » : Ousmane Sonko défie Diomaye Faye et plonge Pastef dans la crise
Email : 473

Au Sénégal, le limogeage d’Ousmane Sonko de la primature marque un tournant majeur dans la jeune cohabitation au sommet de l’État avec Bassirou Diomaye Faye. Officiellement démis de ses fonctions le 22 mai, l’ex-Premier ministre affiche pourtant une sérénité assumée, convaincu de conserver une influence déterminante sur le parti Pastef et sur une large partie de la majorité parlementaire.

Dans les rues de Dakar, la réaction de ses partisans rappelle l’ampleur de son poids politique. Devant son domicile, militants et sympathisants se sont rassemblés pour lui témoigner leur soutien, dans une ambiance évoquant les mobilisations populaires qui avaient accompagné sa sortie de prison en 2024. Même moins massive qu’autrefois, cette démonstration souligne que Sonko demeure, pour beaucoup, la figure centrale du projet politique porté par Pastef.

Mais derrière les scènes de ferveur populaire se profile une crise politique inédite. Son éviction révèle des fractures grandissantes entre les deux têtes de l’exécutif. Depuis l’arrivée au pouvoir de Bassirou Diomaye Faye, l’équilibre reposait sur une complémentarité fragile : au président l’autorité institutionnelle, à Sonko la force militante et l’emprise sur l’appareil politique. Le départ de ce dernier fait désormais vaciller cet arrangement.

La situation devient d’autant plus délicate pour le chef de l’État que l’Assemblée nationale reste largement acquise à l’ancien Premier ministre. La démission annoncée d’El Malick Ndiaye accentue encore les incertitudes et laisse présager une recomposition politique tendue. Plusieurs cadres de Pastef se retrouvent désormais contraints de choisir entre fidélité institutionnelle au président et loyauté politique envers Sonko.

En affirmant que « ça va castagner dur », des proches de l’ex-Premier ministre laissent entendre qu’une confrontation politique est désormais assumée. Ousmane Sonko semble déterminé à poursuivre sa stratégie d’influence, même hors du gouvernement, en s’appuyant sur sa popularité et sur le contrôle qu’il conserve au sein du parti.

Pour Bassirou Diomaye Faye, l’enjeu est désormais crucial : préserver son autorité présidentielle sans provoquer une rupture totale avec celui qui a largement contribué à son accession au pouvoir. Le Sénégal entre ainsi dans une phase politique incertaine, où rivalités personnelles, équilibres institutionnels et ambitions partisanes risquent de redessiner durablement le paysage politique national.


 

Articles similaires

0 commentaire

Vous devez vous pour laisser un commentaire.