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Politique

ÉLECTION PRÉSIDENTIELLE 2027 : CONDAMNÉE EN APPEL MAIS ÉLIGIBLE, MARINE LE PEN ANNONCE SA CANDIDATURE

Actualité - ÉLECTION PRÉSIDENTIELLE 2027 : CONDAMNÉE EN APPEL MAIS ÉLIGIBLE, MARINE LE PEN ANNONCE SA CANDIDATURE
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Le feuilleton politico-judiciaire qui tenait le Rassemblement national (RN) en haleine a pris un tournant décisif ce mardi. Quelques heures seulement après le rendu du délibéré de la cour d'appel de Paris dans l'affaire des assistants d'eurodéputés du Front National, Marine Le Pen a tranché. Invitée au journal de 20 heures de TF1, la députée du Pas-de-Calais a levé les doutes :

« Ce soir, je suis candidate à l’élection présidentielle », a-t-elle déclaré avec fermeté, assurant qu'elle « ne changerait pas d’avis ».

La route vers 2027 semblait pourtant compromise par les réquisitions initiales de première instance, qui réclamaient cinq ans d’inéligibilité avec exécution provisoire. Mais les juges d'appel ont revu la sentence à la baisse, condamnant Marine Le Pen à trois ans de prison (dont deux avec sursis et un an ferme à purger sous bracelet électronique) et à 15 mois d'inéligibilité ferme, considérés comme déjà purgés. Cette décision lui restitue donc le droit de se présenter au scrutin des 18 avril et 2 mai 2027. Reste l’obstacle logistique et symbolique de la peine de prison ferme. Alors qu’elle affirmait encore récemment qu'il était impossible de faire campagne avec un bracelet électronique aux pieds, Marine Le Pen a annoncé l'utilisation immédiate des voies de recours : elle va se pourvoir en cassation. Ce choix, de nature suspensive, lui permettra de « faire campagne sans bracelet électronique »  et de défendre ce qu'elle qualifie d'innocence.

Pour couper court aux spéculations sur une éventuelle candidature de substitution de Jordan Bardella, la triple candidate à la présidentielle a immédiatement clarifié les rôles. Saluant son dauphin, elle a confirmé la mise en place d'un « ticket gagnant » pour 2027. En cas de victoire, Jordan Bardella, actuel président du RN, serait nommé à l'Hôtel de Matignon comme Premier ministre.

 « Je pense que ce couple politique que nous formons peut vraiment changer les choses », a-t-elle insisté.

Le camp nationaliste se félicite d'ores et déjà de cette annonce, rappelant que les récents sondages de l'institut Ipsos placent le RN largement en tête des intentions de vote au premier tour (crédité de 31% à 36% selon les configurations). Dans le reste de la classe politique, l’officialisation de cette candidature suscite de vives critiques. À gauche, Jean-Luc Mélenchon (LFI) a immédiatement réagi en appelant à « débarrasser le pays du RN », fustigeant la démarche. De son côté, Marine Tondelier (Les Écologistes) a dénoncé le statut de « privilégiée » de la candidate, estimant qu'elle a bénéficié d'un « traitement de faveur par rapport aux justiciables ordinaires ». Édouard Philippe, également candidat déclaré pour 2027, a quant à lui souligné que Marine Le Pen devra « expliquer » aux Français son choix de se présenter en étant condamnée par la justice.

Interrogé depuis son déplacement en Syrie, le président de la République Emmanuel Macron s'est quant à lui refusé à tout commentaire, rappelant qu'un chef de l'État « ne commente pas une décision de justice ».

Pour Marine Le Pen, la campagne officielle démarre « très rapidement ». Elle s'élance toutefois dans une zone grise inédite : si la Cour de cassation venait à rejeter son pourvoi en pleine campagne électorale l'année prochaine, la question de l'application de sa peine reviendrait immédiatement sur le devant de la scène

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