Douala, 1er juin 2026 – Le Ngondo, Assemblée traditionnelle du peuple Sawa, a vivement dénoncé une initiative administrative visant à procéder à la désignation d’un chef traditionnel de 3ᵉ degré dans le quartier Grand Moulin, situé dans le village Bonatéki-Deido, arrondissement de Douala 1er.
Dans un communiqué signé par son président en exercice, Sa Majesté Mbodi Épée Gaston, l’institution traditionnelle affirme avoir appris avec « immense stupéfaction » et « profonde affliction » la décision attribuée au sous-préfet de Douala 1er. Selon le Ngondo, cette démarche constitue une atteinte à l’organisation coutumière sawa et aux règles qui encadrent la reconnaissance des autorités traditionnelles.
Réuni en session extraordinaire, le Ngondo condamne avec fermeté ce qu’il considère comme une initiative « injustifiable et inacceptable ». L’organisation estime que l’administration locale méconnaît la distinction entre les chefs traditionnels de 3ᵉ degré, détenteurs d’une légitimité coutumière, et les responsables administratifs de quartiers, de zones ou de blocs, dont les fonctions relèvent d’un autre cadre institutionnel.
Le communiqué rappelle également que les populations installées dans les villages sawa sont appelées à s’intégrer aux structures traditionnelles locales existantes, conformément à des orientations administratives qui, selon le Ngondo, sont en vigueur depuis plusieurs décennies.
Au-delà du cas de Grand Moulin, l’Assemblée traditionnelle du peuple Sawa dénonce ce qu’elle qualifie de provocations répétées de certains responsables administratifs. Elle accuse ces derniers de mettre en péril la cohésion sociale et le vivre-ensemble, fondements de la coexistence harmonieuse entre les différentes communautés du Cameroun.
Le ton du communiqué se durcit davantage lorsque le Ngondo affirme que « la patience du peuple Sawa a des limites ». Cette déclaration apparaît comme une mise en garde adressée aux autorités concernées, traduisant le mécontentement grandissant d’une partie des communautés sawa face aux décisions perçues comme des ingérences dans les affaires traditionnelles.
Malgré cette fermeté, l’organisation conclut son message par un appel à l’unité nationale, à la responsabilité collective et à la préservation de la paix sociale. Elle invite les populations à demeurer mobilisées dans le respect des valeurs républicaines et du dialogue, afin d’éviter toute escalade des tensions.
Cette nouvelle prise de position du Ngondo relance ainsi le débat sur les rapports entre administration territoriale et autorités traditionnelles, un sujet sensible dans plusieurs localités du Cameroun où les questions de légitimité coutumière demeurent au cœur des enjeux de gouvernance locale.

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