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BURKINA FASO : Fin de partie pour le « Poverty Porn », Ouagadougou impose la dignité humanitaire

Actualité - BURKINA FASO : Fin de partie pour le « Poverty Porn », Ouagadougou impose la dignité humanitaire
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Le gouvernement de transition burkinabè a adopté un décret historique interdisant l’exposition médiatique des bénéficiaires d'aides aux côtés des dons reçus. Une mesure forte visant à éradiquer la mise en scène de la misère à des fins marketing ou de collecte de fonds.

C’est un pavé dans la mare de l'aide internationale. Réuni en Conseil des ministres sous la présidence du capitaine Ibrahim Traoré, le gouvernement du Burkina Faso a adopté un décret encadrant strictement les interventions humanitaires dans le pays. La mesure phare de ce texte : l'interdiction formelle de diffuser des images de personnes vulnérables associées aux dons qui leur sont distribués. En clair, Ouagadougou s'attaque de front au phénomène mondialement décrié du « poverty porn » (ou pornographie de la pauvreté), une pratique de communication qui consiste à instrumentaliser l'image de la détresse humaine — souvent des enfants ou des populations déplacées en situation de précarité extrême — pour émouvoir l'opinion et inciter les donateurs occidentaux à ouvrir leur portefeuille.

Confronté depuis plusieurs années à des défis humanitaires majeurs liés au contexte sécuritaire, le Burkina Faso veut redéfinir les règles du jeu. Selon les autorités, cette législation vise à garantir que les citoyens vulnérables soient traités avec respect et dignité, empêchant que leur détresse ne serve de support publicitaire pour les organisations non gouvernementales (ONG) et les influenceurs.

« La souveraineté nationale et la dignité de notre peuple ne sont pas à vendre aux enchères humanitaires », résume une source proche du dossier à Ouagadougou. 

Le message envoyé aux agences internationales est sans équivoque : l'aide ne doit plus se faire au détriment de l'image de ceux qui la reçoivent. Au-delà de la stricte régulation des images, le nouveau décret introduit un autre levier d’indépendance économique : le principe du « consommons local » dans l’acquisition des vivres et matériels destinés aux populations vulnérables. Désormais, les structures humanitaires devront s’approvisionner prioritairement sur le marché national, une manière de soutenir les producteurs locaux et de s'assurer que les fonds injectés profitent directement à l’économie burkinabè. Si la décision est saluée par une large partie de l'opinion publique locale, qui y voit la fin d'un « sadisme visuel indignement toléré depuis trop longtemps », elle force les organisations internationales à une révision immédiate de leur stratégie.

Le modèle traditionnel de collecte de fonds des grandes ONG occidentales repose historiquement sur ces visuels d’impact. Le Burkina Faso impose un précédent en Afrique de l’Ouest : l'aide humanitaire doit s'exécuter dans l'ombre et le respect mutuel, sous peine de sanctions. Pour les acteurs humanitaires, l'alternative est désormais simple : réinventer les chartes de communication, ou plier bagage.

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