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Politique

Kinshasa, nouvelle terre d'exil forcé pour les expulsés des États-Unis

Actualité -  Kinshasa, nouvelle terre d'exil forcé pour les expulsés des États-Unis
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Le vendredi 17 avril 2026, un premier groupe de 15 migrants originaires d’Amérique latine a atterri à l'aéroport de Ndjili. Expulsés par les États-Unis en vertu d’un accord bilatéral inédit, ces ressortissants de Colombie, du Pérou et d’Équateur se retrouvent désormais au cœur d’une polémique internationale et locale.

Ce transfert fait suite à un accord de coopération migratoire signé début avril 2026 entre l'administration américaine et le gouvernement de la RDC. Selon le ministère congolais de la Communication, cet accord prévoit l’accueil temporaire de ressortissants de pays tiers expulsés du sol américain. En échange, Washington verserait des compensations financières notamment des sommes allant de 4,7 à 7,5 millions de dollars selon les sources pour couvrir la logistique et l'hébergement.

Le recours à la RDC, pays situé à plus de 10 000 km de la frontière sud des États-Unis, marque un tournant dans la politique migratoire de Washington. Des accords similaires auraient été négociés avec sept autres nations africaines.

Pour les avocats des migrants et les organisations de défense des droits humains, cette stratégie vise à briser la volonté des exilés. L'objectif, selon eux, est de placer ces individus dans un environnement si étranger qu'ils finiraient par accepter un « retour volontaire » vers leur pays d'origine, malgré les risques encourus.

L’Organisation internationale pour les migrations (OIM) a précisé qu’elle pourrait offrir une assistance au retour volontaire à ceux qui en feraient la demande, tout en soulignant la complexité juridique de la situation.

À Kinshasa, l'annonce de cet accord a suscité une vive controverse. Une partie de la population et de la classe politique s'interroge sur la pertinence d'accueillir des migrants étrangers alors que la RDC fait déjà face à une crise humanitaire majeure avec des millions de déplacés internes dans l'Est du pays.

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