Neuf mois après la finale de Rabat, le Sénégal et le Maroc se retrouvent une nouvelle fois face à face. Mais cette fois, pas de pelouse, pas de prolongation et pas de tirs au but : c’est devant le Tribunal arbitral du sport, à Lausanne, que se joue désormais le destin du trophée continental.
La finale de la CAN 2025 n’en finit plus.
Le jeudi 8 octobre 2026, le Sénégal, le Maroc et la CAF se retrouveront devant le Tribunal arbitral du sport (TAS), à Lausanne. Au centre des débats : une décision de la CAF qui a profondément bouleversé le résultat de la finale disputée à Rabat.
Sur le terrain, le Sénégal avait remporté la rencontre 1-0 après prolongation. Quelques semaines plus tard, la CAF a pourtant déclaré les Lions forfaits et enregistré la finale sur le score de 3-0 en faveur du Maroc.
Le Sénégal veut désormais récupérer officiellement le titre.
Une finale gagnée… puis perdue sur tapis vert
Le scénario est devenu l’un des plus controversés de l’histoire récente de la CAN.
Dans les dernières minutes du temps réglementaire, l’arbitre accorde un penalty au Maroc. La décision provoque une vive contestation du camp sénégalais. Des joueurs quittent momentanément la pelouse avant de revenir pour terminer la rencontre.
Le Maroc manque le penalty.
Le match se poursuit. Puis le Sénégal fait la différence en prolongation et s’impose 1-0.
La scène semblait avoir livré son verdict sportif.
Mais la bataille ne faisait que commencer.
Le Jury disciplinaire de la CAF avait d’abord sanctionné plusieurs acteurs après les incidents de la finale. Puis, le 17 mars 2026, le Jury d’appel de la CAF a renversé cette première décision : s’appuyant notamment sur les articles 82 et 84 du règlement de la CAN, il a déclaré le Sénégal forfait et attribué la victoire au Maroc sur le score de 3-0.
Dakar contre-attaque
Pour la Fédération sénégalaise de football, impossible d’en rester là.
Le 25 mars 2026, la FSF saisit officiellement le TAS. Sa demande est claire : annuler la décision de la CAF et reconnaître le Sénégal comme vainqueur de la CAN.
La bataille change alors de dimension.
Après les instances disciplinaires africaines, le dossier arrive devant une juridiction arbitrale internationale spécialisée dans les litiges sportifs.
Le titre qui avait été célébré à Dakar est désormais suspendu à une décision juridique.
Trois arbitres pour trancher
L’audience se tiendra à Lausanne à partir de 9h30, en présence des représentants de la Fédération sénégalaise et de la Fédération royale marocaine de football. La CAF sera représentée par ses conseils.
Les débats seront conduits par une formation de trois arbitres : Gérald Simon, professeur français et président de la formation, Luigi Fumagalli, professeur italien, et Ulrich Haas, professeur allemand. La procédure se déroulera en français.
Mais le public n’assistera pas à cette nouvelle manche du feuilleton.
L’audience se déroulera à huis clos.
Pas de verdict jeudi
Un détail est essentiel : Lausanne ne rendra pas son verdict dans la foulée.
Après l’audience, les arbitres entameront leurs délibérations. Le TAS a précisé qu’aucune décision ne serait prononcée le 8 octobre et qu’il n’était pas encore en mesure d’indiquer la date du jugement final.
Autrement dit, même après cette audience, le suspense restera entier.
Le Sénégal devra donc patienter avant de savoir si son sacre sportif sera restauré juridiquement ou si le Maroc conservera le bénéfice de la décision de la CAF.
Une affaire qui dépasse le simple résultat d’un match
Derrière ce duel Sénégal-Maroc se trouve une question plus large : jusqu’où une instance sportive peut-elle aller dans la transformation du résultat d’une rencontre après des incidents intervenus pendant le match ?
Le Sénégal défend le résultat obtenu sur la pelouse.
Le Maroc défend une décision qui lui attribue officiellement la finale.
La CAF, elle, devra convaincre les arbitres du TAS que sa décision de déclarer le Sénégal forfait était conforme à ses règlements.
Le tribunal devra donc examiner les faits, les textes applicables et la portée juridique du comportement de l’équipe sénégalaise.
La « troisième mi-temps » de Rabat
Ce qui devait être l’apothéose de la CAN 2025 s’est transformé en un interminable contentieux.
Rabat avait désigné un vainqueur sur le terrain. La CAF en a désigné un autre dans ses instances. Lausanne doit maintenant départager les deux versions du même match.
Le Sénégal espère récupérer le trophée qu’il estime avoir gagné sportivement.
Le Maroc veut conserver celui que la CAF lui a officiellement attribué.
Et la CAF joue, elle aussi, gros : au-delà du titre, c’est la solidité juridique de sa décision qui sera examinée.
Jeudi, la CAN 2025 connaîtra donc une nouvelle « troisième mi-temps ». Mais cette fois, le ballon restera au vestiaire. À Lausanne, ce sont les règlements, les arguments des avocats et les trois arbitres du TAS qui seront sur le terrain.

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