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Santé

Supermarchés : derrière la mode du « high protein », l'alerte sur les risques pour la santé

Actualité - Supermarchés : derrière la mode du « high protein », l'alerte sur les risques pour la santé
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Yaourts, mousses au chocolat, barres de céréales, pains ou boissons végétales : les rayons de la grande distribution se remplissent d'aliments estampillés « hyperprotéiné », « high protein » ou « enrichi en protéines ». Porté par un engouement massif des consommateurs, le chiffre d'affaires de ce secteur s'est envolé ces dernières années. Pourtant, des associations de défense des consommateurs et des professionnels de santé tirent la sonnette d'alarme face aux dérives de cet argument marketing.

L'ONG Foodwatch a publié une alerte ciblant plusieurs références phares vendues en supermarché. L'association met en garde contre l'illusion de santé véhiculée par ces emballages : sous couvert d'apports en protéines optimisés pour la récupération musculaire ou le maintien de la masse corporelle, ces produits sont en réalité très majoritairement ultra-transformés (AUT).

Pour enrichir un produit en protéines tout en conservant une texture et un goût agréables, les industriels font fréquemment appel à un cocktail d'ingrédients de synthèse et d'additifs :

  • Isolats de protéines et poudres fractionnées (lactosérum/whey, soja).
  • Édulcorants de synthèse (sucralose, acésulfame-K) ou sucres cachés (maltodextrines, sucres invertis).
  • Émulsifiants, épaississants (gommes végétales) et arômes artificiels.

La consommation régulière d'aliments ultra-transformés est associée par la recherche scientifique à un risque accru de maladies cardiovasculaires, de diabète de type 2 et de perturbations du microbiote intestinal. Selon les recommandations nutritionnelles, les besoins quotidiens d'un adulte en bonne santé se situent entre 0,8 g et 1 g de protéines par kilo de poids corporel (soit environ 50 à 70 g par jour pour la majorité des individus). Sauf cas particuliers — sportifs de haut niveau ou personnes âgées souffrant de dénutrition —, une alimentation variée et équilibrée couvre largement ces besoins. L'accumulation de produits enrichis au quotidien entraîne un surdosage inutile pour l'organisme.

Bien qu'un surplus occasionnel de protéines ne présente pas de danger immédiat pour un individu en bonne santé, une surconsommation chronique issue de produits industriels comporte des risques précis :

  1. Surcharge rénale et métabolique : La dégradation des protéines génère des déchets azotés (urée, acide urique) que les reins doivent filtrer. Un excès prolongé est fortement déconseillé aux personnes présentant des fragilités rénales ignorées.
  2. Troubles digestifs : Les barres et en-cas industriels enrichis manquent généralement de fibres naturelles et contiennent des polyols ou édulcorants pouvant provoquer des ballonnements et des troubles du transit.
  3. Déséquilibre nutritionnel : En remplaçant des aliments bruts (œufs, légumineuses, poissons, oléagineux) par des versions ultra-transformées, l'organisme pâtit d'un manque de vitamines, de minéraux et d'antioxydants essentiels.

Les experts appellent à la vigilance face au marketing nutritionnel et recommandent de privilégier les sources de protéines brutes, végétales comme animales, bien mieux assimilées et exemptes d'additifs industriels.

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