En déplacement au Kenya pour le sommet « Africa Forward », le président de la République a brusquement interrompu le déroulement d'une table ronde sur la culture. Agacé par le bruit ambiant, il est monté à la tribune pour réclamer, de façon très directe, le rétablissement de l’ordre dans la salle.
La scène, captée par les caméras de télévision et largement relayée sur les réseaux sociaux, a jeté un froid dans l'enceinte du sommet. Ce lundi 11 mai 2026, alors que des intervenants s'exprimaient sur les industries culturelles et créatives, Emmanuel Macron a quitté son siège dans le public pour s'emparer d'un micro, visiblement excédé par le brouhaha incessant des conversations privées.
D'un ton sec, tranchant avec les usages diplomatiques habituels, le chef de l'État a interpellé l'audience : « Excusez-moi tout le monde. Hey, hey, hey ! ». Face à une salle prise de court, il a poursuivi en anglais et en français, déplorant l'impossibilité de tenir des échanges de qualité dans un tel vacarme.
« Je suis désolé les amis, mais il est impossible de parler de culture, d'avoir des gens inspirés qui viennent ici faire un discours, avec ce genre de bruit. C'est un manque de respect total. »
Le président ne s'est pas arrêté là. Fixant les groupes de diplomates et de participants qui continuaient de discuter en aparté, il a posé un ultimatum clair :
« Si vous voulez avoir un entretien bilatéral ou parler d'autre chose, vous allez dehors. Si vous restez ici, nous écoutons les gens. »
Cette intervention non planifiée a surpris jusqu'à l'animatrice de la session, qui a manifesté son étonnement devant cette rupture du protocole. Une fois le calme revenu, Emmanuel Macron s'est rassis pour écouter la suite des débats, mais l'atmosphère est restée pesante.
Ce coup de sang intervient dans un contexte particulier pour le président français. À un an de la fin de son second quinquennat, celui-ci multiplie les déplacements internationaux pour défendre son bilan. En s'appuyant sur les propos de son homologue kényan William Ruto, Emmanuel Macron a d'ailleurs conclu la séquence sur une note de réalisme budgétaire, affirmant que la France n'avait « plus totalement les moyens » de ses anciennes politiques d'aide au développement, appelant à une nouvelle forme de partenariat, plus lucide et, visiblement, plus disciplinée.
Ce n'est pas la première fois que le président adopte cette posture de "professeur" ou de garant de l'ordre lors de ses déplacements en Afrique, rappelant à certains l'épisode de Ouagadougou en 2017. Mais à Nairobi, c'est l'agacement immédiat face à un manque de considération envers les acteurs culturels qui a pris le dessus.

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