Dix-sept ans après le crash du vol Rio-Paris AF447, la cour d’appel de Paris a condamné Air France et Airbus pour homicides involontaires dans la catastrophe aérienne qui avait coûté la vie à 228 personnes, le 1er juin 2009 au-dessus de l’océan Atlantique. Cette décision marque un revirement judiciaire majeur. En première instance, en avril 2023, les deux groupes avaient été relaxés par le tribunal correctionnel de Paris, qui estimait alors qu’aucun lien de causalité certain ne pouvait être établi entre les fautes reprochées et l’accident. La cour d’appel a finalement retenu la responsabilité pénale des deux entreprises. Air France et Airbus ont chacune été condamnées à l’amende maximale prévue pour des personnes morales, soit 225 000 euros.
Le vol AF447, assuré par un Airbus A330 reliant Rio de Janeiro à Paris, s’était abîmé en mer après une succession d’événements techniques et humains. Les enquêtes avaient notamment mis en cause le givrage des sondes Pitot — des capteurs de vitesse — ayant provoqué la déconnexion du pilote automatique, puis des réactions inadaptées de l’équipage face au décrochage de l’appareil. Selon les motivations de l’arrêt, Airbus est notamment critiqué pour ne pas avoir suffisamment pris en compte les défaillances connues des sondes Pitot avant le drame. Air France est, de son côté, mise en cause pour des insuffisances dans la formation des pilotes au décrochage à haute altitude et dans la diffusion d’informations de sécurité internes.
Les associations de proches des victimes ont salué une décision « historique », estimant qu’elle reconnaît enfin les responsabilités des deux géants de l’aéronautique après près de deux décennies de procédure judiciaire. Plusieurs familles ont toutefois regretté le caractère essentiellement symbolique des sanctions financières prononcées.
Airbus et Air France ont annoncé leur intention de se pourvoir en cassation. Les deux groupes contestent toujours le raisonnement retenu par la cour d’appel et continuent de considérer que les réactions de l’équipage ont joué un rôle central dans l’accident.

Nice Brice - 27 Mai 2026 à 20:14
225 000 euros c'est par victime ? Ou pour l'ensemble