Le ministre de l’Éducation nationale, a annoncé ce mercredi 27 mai 2026 une mesure drastique pour renforcer la sécurité des élèves : la création d’une « liste noire » recensant les personnels ayant eu des comportements inappropriés avec des mineurs.
Cette annonce, intervenue à la sortie du Conseil des ministres lors de la présentation du projet de loi sur la protection de l'enfance, marque un tournant dans la gestion des ressources humaines de l'Éducation nationale. L'objectif est clair : empêcher qu'un agent évincé pour des comportements problématiques ne puisse retrouver un poste au contact d'enfants.
Jusqu’à présent, le contrôle de l’honorabilité se concentrait principalement sur le casier judiciaire et les fichiers recensant les infractions sexuelles ou terroristes (FIJAIS et FIJAIT) au moment du recrutement. La nouvelle « liste noire » va plus loin.
Elle concernera les personnels (enseignants, surveillants, agents administratifs) ayant fait l'objet d'une exclusion en raison de comportements inappropriés, même en l'absence de condamnation pénale. Une personne inscrite sur cette liste ne pourra plus être réemployée au sein d'une école, d'un collège ou d'un lycée. Elle ne pourra pas non plus se présenter aux concours de l'enseignement. Le ministre a souligné la mise en commun des fichiers entre l’Éducation nationale et le ministère de la Jeunesse et des Sports pour éviter qu'une personne radiée d'un secteur ne bascule dans l'autre (par exemple, du milieu scolaire vers le milieu associatif ou sportif).
Le projet de loi prévoit également de transformer le mode de vérification des antécédents, qui passera d'un contrôle ponctuel à un contrôle continu.
« Un système périodique permettra, en temps réel, de vérifier la situation de ceux qui sont déjà recrutés », a assuré Édouard Geffray.
Par ailleurs, tous les intervenants ponctuels (associations, intervenants extérieurs) seront désormais soumis à une obligation de présenter une attestation d’honorabilité fondée sur ces mêmes vérifications avant toute intervention auprès des élèves.
Cette mesure s'inscrit dans un climat de vigilance accrue. Rien qu'à Paris, depuis le début de l'année 2026, 78 agents ont été suspendus, dont 31 pour des suspicions de violences sexuelles. Le gouvernement souhaite ainsi répondre à l'inquiétude des familles et garantir que l'école reste, selon les mots du ministre, « un lieu de sécurité absolue, de la porte à la porte ».
Le texte de loi, porté également par les ministres de la Santé et de la Justice, devrait être débattu prochainement au Parlement pour une mise en application rapide.

0 commentaire