À ce stade, il faut être prudent : il n’existe aucune confirmation officielle d’un retrait du Maroc. Le pays demeure, selon les communications formelles, l’hôte désigné de la CAN féminine 2026. L’hypothèse d’un transfert vers l’Afrique du Sud repose essentiellement sur une déclaration isolée, ensuite nuancée par les autorités sud-africaines elles-mêmes. On est donc davantage dans le registre des signaux politiques et des spéculations que dans celui d’une décision actée.
Cela dit, plusieurs éléments nourrissent le trouble.
D’abord, la communication sud-africaine. Le fait qu’une vice-ministre évoque publiquement l’organisation du tournoi, même si cela a été recadré ensuite, signifie au minimum que des discussions exploratoires existent. En diplomatie sportive, on ne parle jamais d’« option de repli » sans raison. Cela suggère que la CAF envisage différents scénarios, ce qui est inhabituel à six semaines d’une compétition majeure si tout est totalement maîtrisé.
Ensuite, le contexte post-CAN masculine. Les sanctions infligées au Maroc – sportives et financières – ont été lourdes et très médiatisées. Dans ce climat, certains peuvent interpréter un éventuel retrait comme un geste politique déguisé en décision organisationnelle. Mais attention : aucun élément factuel ne prouve que Rabat lie les deux dossiers. Ce rapprochement reste une lecture analytique, pas une certitude.
Sur le plan stratégique, un désistement marocain serait coûteux en termes d’image. Le royaume s’est positionné ces dernières années comme une puissance organisatrice majeure en Afrique (CAN, compétitions CAF, candidature mondiale 2030). Se retirer à la dernière minute affaiblirait cette posture. À l’inverse, maintenir l’organisation malgré les tensions renforcerait son statut de pilier institutionnel du football continental.
Pour l’Afrique du Sud, accepter un éventuel relais serait un pari logistique important. Organiser une CAN en urgence implique mobilisation des infrastructures, coordination sécuritaire, contractualisation avec diffuseurs et sponsors. Ce n’est pas impossible, mais cela suppose une préparation accélérée.
Le point le plus préoccupant reste l’incertitude. À six semaines du coup d’envoi, le flou institutionnel nuit surtout au football féminin : équipes, sponsors, diffuseurs et supporters ont besoin de visibilité. Si discussions il y a, la CAF doit rapidement clarifier la situation pour préserver la crédibilité de la compétition.
En résumé :
• Officiellement, le Maroc reste hôte.
• Des signaux laissent penser qu’un plan alternatif est envisagé.
• Le lien avec les tensions post-CAN masculine relève pour l’instant de l’analyse, pas du fait établi.
• La priorité devrait être la stabilité et la protection de la compétition féminine.
La question n’est donc pas seulement « où se jouera la CAN féminine ? », mais surtout : la CAF peut-elle se permettre une nouvelle zone d’ombre institutionnelle à ce niveau de calendrier ?

Rayan Cherki1008 - 02 Fév 2026 à 10:05
Le président de la fédération marocaine c’est d’abord un chef chantage.