Le Tribunal militaire de Yaoundé a rendu son verdict dans l’affaire du massacre de Ngarbuh, survenu en pleine crise anglophone.
Les condamnations
Quatre militaires camerounais ont été reconnus coupables et condamnés à des peines de prison ferme :
• Haranga Gilbert : 10 ans
• Tata Nfor : 10 ans
• Baba Guida : 8 ans
• Sanding Cyrille : 5 ans
Ils ont été déclarés coupables notamment de :
• violation de consignes
• coaction de meurtre
• incendies et destructions
• violences, dont sur une femme enceinte.
Un verdict jugé insuffisant
Pour Ilaria Allegrozzi, chercheuse senior à Human Rights Watch, la décision ne répond pas pleinement aux attentes de justice.
Selon elle :
• les peines restent trop légères,
• les officiers supérieurs n’ont pas été poursuivis,
• aucune indemnisation n’a été prévue pour les familles des victimes.
Rappel des faits
Le 14 février 2020, une opération militaire dans ce village de la région du Nord-Ouest avait causé la mort de 22 civils, dont des femmes et des enfants.
Au départ, le gouvernement camerounais avait nié toute implication de l’armée, avant de reconnaître par la suite la responsabilité de soldats appuyés par des miliciens locaux. Depuis, plusieurs organisations de défense des droits humains réclamaient que les responsables soient jugés.
Si le procès marque une étape judiciaire importante, le débat reste ouvert sur la question de la responsabilité au plus haut niveau de la chaîne de commandement.

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