Pour la première fois depuis l’extension de la législation sur la fin de vie en 2024, un enfant âgé de 1 à 12 ans a eu recours à l'euthanasie active aux Pays-Bas. L'annonce a été partagée par le ministère néerlandais de la Santé. C’est un tournant historique et éthique pour les Pays-Bas. Le ministère de la Santé a récemment confirmé qu’un enfant de moins de 12 ans, atteint d’une maladie grave et incurable, a été euthanasié. Bien que l'acte médical ait été pratiqué à la fin de l'année 2025, l'information n'a été rendue publique que très récemment par les autorités.
Afin de préserver la vie privée des proches et le secret médical, aucune information concernant l'âge exact, le sexe de l’enfant, sa pathologie ou l’établissement hospitalier où s'est déroulée la procédure n'a été divulguée.
Ce recours à l’aide médicale à mourir fait suite à une modification réglementaire majeure entrée en vigueur en 2024. Les Pays-Bas, qui avaient déjà été le premier pays au monde à légaliser l'euthanasie en 2001, permettaient jusqu'alors cette pratique pour les adultes, les mineurs de plus de 12 ans (avec l'accord des parents), ainsi que pour les nourrissons de moins d'un an (sous le protocole de Groningue). Les enfants âgés de 1 à 12 ans se trouvaient dans un vide juridique.
Désormais, le protocole applicable à cette tranche d'âge impose des garde-fous très stricts aux équipes médicales :
- Le médecin doit être absolument convaincu que l'enfant fait face à des souffrances désespérées et insupportables.
- Toutes les options thérapeutiques ou de soins palliatifs doivent avoir été épuisées et s'avérer insuffisantes pour apaiser la douleur.
- Le décès doit être considéré comme imminent.
- Le consentement explicite et obligatoire des deux parents est requis.
Selon les prévisions initiales du gouvernement et des pédiatres néerlandais – qui réclamaient cette mesure pour éviter des agonies prolongées , ce règlement ne devrait concerner qu'un groupe très restreint, estimé entre 5 et 10 enfants par an à l'échelle du pays. L'officialisation de ce premier cas relance inévitablement les discussions complexes autour de la fin de vie des mineurs en Europe. Si la Belgique voisine a totalement supprimé la limite d'âge pour l'euthanasie dès 2014 (sous condition de capacité de discernement de l'enfant), d'autres pays, comme la France, excluent strictement les mineurs de leurs projets de loi actuels sur l'aide à mourir.
Aux Pays-Bas, le recours global à l'euthanasie continue de progresser. Selon les dernières données officielles, 9 958 procédures ont été enregistrées en 2024, marquant une hausse de 10 % par rapport à l'année précédente et représentant près de 6 % de l'ensemble des décès dans le pays.

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