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Afghanistan : mariage des mineurs, un nouveau décret des Talibans

Actualité - Afghanistan : mariage des mineurs, un nouveau décret des Talibans
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L'ONU et plusieurs organisations de défense des droits humains ont exprimé cette semaine une vive inquiétude suite à la publication du décret n°18 par les autorités talibanes. Ce nouveau cadre juridique sur la « séparation des époux » contient des dispositions qui, selon les observateurs internationaux, institutionnalisent le mariage des enfants en Afghanistan.

Depuis leur retour au pouvoir en 2021, les Taliban ont multiplié les restrictions à l'encontre des femmes. Ce dernier texte, publié au journal officiel à la mi-mai 2026, marque une rupture majeure avec le précédent Code civil qui fixait l'âge légal du mariage à 16 ans pour les filles.

Le décret n°18 ne mentionne aucun âge minimum pour contracter une union. Au contraire, il détaille les conditions de validité de mariages impliquant des mineurs :

 Le texte stipule que le mariage d’une personne mineure (garçon ou fille) est valide s'il est conclu par le père ou le grand-père paternel. L'article 7 précise que, pour une jeune fille atteignant la puberté, le « silence vaut consentement » lors de la conclusion d'un contrat de mariage. Cette disposition est dénoncée par l'ONU comme une porte ouverte aux mariages forcés, le silence étant souvent le fruit de la pression sociale ou de la peur. Le décret introduit le concept de « khiyar al-bulugh » (l'option de la puberté), permettant à un enfant marié de demander l'annulation de l'union une fois la puberté atteinte, mais uniquement via une procédure judiciaire complexe devant des tribunaux religieux.

La Mission d'assistance des Nations Unies en Afghanistan (Manua) souligne que ce texte « renforce la discrimination systémique » et « érode les protections » qui subsistaient encore. En ne criminalisant plus l'union avec des mineurs, le régime de Kaboul est accusé de banaliser une pratique qui touche de plus en plus de familles poussées par la pauvreté extrême.

« Ce décret opère dans un cadre profondément inégal : il rend le mariage des enfants légitime tout en restreignant drastiquement les voies de séparation pour les femmes », a déclaré Susan Ferguson, représentante d'ONU Femmes en Afghanistan.

Cette évolution législative s'ajoute à une longue liste d'interdictions déjà en vigueur en 2026 :

  •  Les filles restent exclues des écoles secondaires et des universités.
  •  Le récent renforcement des lois sur la « promotion de la vertu » interdit désormais aux femmes de faire entendre leur voix ou de montrer leur visage en public.
  •  L'accès à la majorité des emplois et aux parcs publics demeure prohibé pour les femmes.

Face à ces critiques, le ministère de la Justice taliban a défendu le décret, affirmant qu'il est conforme à leur interprétation de la loi islamique et que les mariages « par la force » restent officiellement interdits par un édit précédent du chef suprême. Une distinction qui peine à convaincre les ONG face à la réalité des nouvelles dispositions légales.

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