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Harcèlement scolaire : entre 2 % et 4 % des élèves français se déclarent victimes

Actualité - Harcèlement scolaire : entre 2 % et 4 % des élèves français se déclarent victimes
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Le service statistique du ministère de l'Éducation nationale a publié, ce mardi 9 juin 2026, les résultats de sa troisième enquête annuelle sur le harcèlement en milieu scolaire. Selon les données recueillies, entre 2 % et 4 % des élèves français, du CE2 à la terminale, se déclarent en situation de harcèlement.

Dans le détail, l'étude révèle que le phénomène touche 4 % des collégiens, 3 % des écoliers (du CE2 au CM2) et 2 % des lycéens. Ces chiffres correspondent aux élèves qui affirment subir de manière répétée des atteintes de la part de leurs pairs et qui partagent une perception nettement négative de leur vie quotidienne à l'école. Si ces pourcentages affichent une baisse uniforme d'environ 1 % à 2 % par rapport aux enquêtes menées en 2023 et 2024, le ministère appelle à une grande prudence dans l'interprétation de cette amélioration.

Pour la première fois, lors de cette campagne d'auto-évaluation organisée en novembre 2025, les élèves avaient la possibilité d'inscrire leurs nom et prénom sur le questionnaire, sur la base du volontariat, afin de faciliter une prise en charge directe par les équipes pédagogiques. La Depp souligne explicitement que la fin de l'anonymat strict a pu « induire des changements de comportement dans le remplissage du questionnaire » et inciter certaines victimes à ne pas déclarer leur situation par crainte ou par pudeur. Les conclusions de cette enquête contrastent fortement avec d'autres rapports récents. Une étude de Santé publique France publiée l'an dernier estimait par exemple que plus de 16 % des enfants de 6 à 11 ans étaient « probablement victimes » de harcèlement, rappelant la complexité de mesurer ce fléau par le seul biais de l'auto-déclaration administrative.

L'étude de la Depp met en lumière plusieurs caractéristiques du harcèlement en 2026 :

  • Une égalité des genres : Les garçons et les filles sont globalement touchés dans les mêmes proportions.
  • La vulnérabilité au lycée : Les écarts se creusent fortement selon les filières. Les élèves de la voie professionnelle restent statistiquement plus exposés que ceux des filières générales.
  • L'impact du numérique : Les faits de cyberharcèlement (notamment via des groupes de messagerie de classe sur les réseaux sociaux) prolongent très souvent les violences subies dans la cour de récréation.

Face à ces données, le ministère de l'Éducation nationale réaffirme que la lutte contre ce délit passible de sanctions pénales allant jusqu'à 10 ans de prison en cas de conséquences graves, reste une « priorité absolue ». Le déploiement du programme de prévention (pHARe) et le recours au numéro unique 3018  restent les principaux outils mobilisés pour briser la loi du silence.

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