Un vent de colère et de profonde tristesse traverse la communauté LGBTQIA+ et la ville de Metz. Noahm, un jeune homme de 19 ans, est décédé début juin des suites d'une violente agression survenue place de la République dans la nuit du samedi 30 mai. Alors que ses proches dénoncent un acte à caractère homophobe, la justice reste prudente à ce stade de l'instruction.
Dans la nuit du 30 mai, Noahm se trouvait avec des amis dans le centre-ville de Metz lorsqu'une altercation a éclaté avec un autre groupe de trois personnes situé à proximité. Selon les témoignages des proches recueillis, le ton est rapidement monté après que des vidéos ont été prises. La situation a alors basculé dans une extrême violence. Les agresseurs présumés auraient détruit le téléphone du jeune homme avant de le projeter au sol pour le rouer de coups, le frappant à plusieurs reprises au niveau de la tête. Les témoins rapportent également l'usage d'insultes homophobes ("sale pédale") et de gestes déplacés durant l'attaque. Un cousin de Noahm, également présent, a été blessé. Pris en charge en arrêt cardiorespiratoire par les secours, Noahm a été hospitalisé en état de mort cérébrale. Il a succombé à ses blessures trois jours plus tard, le mardi 2 juin.
L'intervention rapide des forces de l'ordre a permis l'interpellation des suspects. À l'issue des premières investigations :
- Deux hommes, âgés de 20 et 27 ans (un oncle et son neveu), ont été mis en examen pour meurtre aggravé par l'état d'ivresse manifeste et placés en détention provisoire. Ils encourent la réclusion criminelle à perpétuité.
- Un troisième individu de 19 ans, initialement interpellé, a été mis hors de cause et laissé libre.
Pour l'heure, le parquet de Metz, a indiqué qu'« à ce stade, rien ne permet de caractériser une motivation homophobe ». La circonstance aggravante liée à l'orientation sexuelle ou à l'expression de genre n'a donc pas encore été formellement retenue par les magistrats instructeurs, bien que le parquet précise que la qualification des faits reste susceptible d'évoluer au fil des auditions et des analyses de l'enquête. Ce refus initial de retenir l'homophobie suscite une vive indignation chez les proches de la victime ainsi que chez plusieurs organisations syndicales et associations (comme *Solidaires* ou *SOS Homophobie*), qui dénoncent une tentative d'invisibiliser les violences systémiques visant les personnes LGBTQIA+.
Le drame a rapidement pris une résonance politique majeure, coïncidant avec le début du Mois des Fiertés. Interpellée par plusieurs députés, notamment par le biais d'une lettre ouverte du groupe La France Insoumise affirmant que « la République ne saurait laisser l'indifférence recouvrir la mort de Noahm », la présidente de l'Assemblée nationale, Yaël Braun-Pivet, a accédé à la demande d'un hommage officiel. Ce mardi 9 juin, les députés ont observé une minute de silence dans l'hémicycle en mémoire de Noahm, associant son hommage à celui de deux autres victimes récentes (Lyhanna, 11 ans, et Dorian Larigaudrie, un gendarme mort en service).
À Metz, les rassemblements de soutien et de recueillement continuent de s'organiser pour réclamer que « justice soit faite pour Noahm », alors que le dernier rapport de *SOS Homophobie* mettait justement en garde contre une hausse continue des témoignages d'actes LGBTphobes en France.

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