Selon une source proche du dossier, les avocats représentant la famille de Mathis ont soutenu la réquisition du ministère public, estimant que la gravité des faits commis ne peut appeler qu’à la sanction maximale.
Lors de l’audience tenue au Tribunal de grande instance du Mfoundi, le ministère public a invoqué l’article 374 du Code pénal et requis la peine de mort contre Dagobert Nwafo, poursuivi pour meurtre avec préméditation. Les ayants droit se sont alignés sur cette position, jugeant que l’atrocité des actes commis sur un enfant de six ans justifie une telle rigueur.
Le tribunal a par ailleurs rejeté la demande de plaidoyer de culpabilité déposée par la défense, estimant que la thèse de la provocation ne saurait amoindrir la responsabilité de l’accusé. L’affaire a été renvoyée au 14 janvier 2026.
Pour mémoire, le 9 mai 2025, dans le quartier Ngoa-Ekélé à Yaoundé, le petit Mathis, âgé de six ans, a été poignardé à plusieurs reprises par Dagobert Nwafo, père de l’artiste Lydol. Le drame serait né d’une altercation entre l’accusé et le père de la victime dans une buvette, dispute qui aurait dégénéré en violence. Après l’agression, Nwafo aurait tenté de prendre la fuite avant d’être rattrapé et sévèrement tabassé par des riverains.
Malgré ses blessures, Mathis a tenté de chercher de l’aide avant de succomber quelques instants plus tard.
Arrêté puis présenté au procureur, Dagobert Nwafo a été placé sous mandat de dépôt à la prison centrale de Kondengui. Durant sa garde à vue, il a évoqué une amnésie partielle liée à son état d’ivresse au moment des faits, une déclaration qui a rapidement nourri les inquiétudes d’une partie de l’opinion publique, certains redoutant d’éventuelles pressions pour atténuer sa responsabilité.
Le meurtre du jeune Mathis a bouleversé tout le pays, entraînant une vaste mobilisation citoyenne réclamant une justice exemplaire. L’un des avocats de la famille, Me Valéry, aurait lui-même été agressé à Douala, soulevant des interrogations sur la sécurité des acteurs impliqués dans le dossier.
Au-delà du drame, l’affaire remet au premier plan les questions de protection de l’enfance, de violence urbaine et de lenteur des réponses institutionnelles. Les autorités ont annoncé un accompagnement psychosocial pour la famille profondément traumatisée de la victime.

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