C’est du moins ce que laissent entendre plusieurs observateurs de la scène politique nationale. La Une du quotidien Cameroon Tribune, en kiosque ce lundi 19 janvier 2026, semble en effet annoncer les prémices d’un débat majeur autour de la révision de la Constitution camerounaise.
La question est désormais sur toutes les lèvres : le Cameroun s’achemine-t-il vers une nouvelle modification de sa loi fondamentale ? Le journal gouvernemental donne clairement le ton en évoquant, à l’occasion des 30 ans de la Constitution du 18 janvier 1996, l’éventualité d’une révision de certains de ses aspects.
« Constitution du 18 janvier 1996 : 30 ans déjà ! Fruit d’un consensus des forces politiques et sociales nationales, ce texte est venu consacrer une société libérale et démocratique tout en affirmant les droits des minorités. Trois décennies plus tard, toutes les institutions sont fonctionnelles, même si le débat se fait jour sur la révision de certains aspects », peut-on lire à la Une de Cameroon Tribune.
Un “ballon d’essai” politique ?
Cette sortie médiatique n’est pas anodine et suscite de nombreuses interrogations au sein de la classe politique. Pour certains acteurs, il s’agit clairement d’un ballon d’essai lancé par le pouvoir.
« Pour ceux qui savent comment ce régime fonctionne, cette Une veut dire une chose : la Constitution va être modifiée. Et pas forcément dans l’intérêt du Cameroun, mais dans celui du régime en place », analyse Carlos Ngoualem, homme politique et grand conseiller à la Communauté urbaine de Douala.
À ce stade, il demeure difficile de cerner la finalité exacte d’une éventuelle révision constitutionnelle. Toutefois, dans son discours d’investiture du 6 novembre 2025, le président Paul Biya avait insisté sur la nécessité de renforcer les institutions démocratiques, d’accélérer la décentralisation et d’adapter l’action publique aux réalités nationales, notamment en matière d’emploi des jeunes, de développement économique et de cohésion sociale. Un discours prononcé dans un contexte post-électoral tendu, marqué par des contestations.
Vice-présidence : une idée persistante
Par ailleurs, au lendemain de la présidentielle du 12 octobre 2025, plusieurs voix ont évoqué la création d’un poste de vice-président de la République, relançant les soupçons autour d’un possible ajustement institutionnel. Une hypothèse vivement critiquée par le cinéaste et intellectuel Jean-Pierre Bekolo dès juin 2025.
« Au lieu de préparer un véritable candidat charismatique capable de convaincre le peuple avec une vision forte et un projet porteur d’espoir, on préfère nommer un président par décret. Ce vice-président sera le véritable président sans avoir été élu. Nous sommes dans une séance d’hypnose où l’image de Paul Biya sert de leurre pour endormir les Camerounais », avait-il déclaré.
Un débat qui ne fait que commencer
Entre communication institutionnelle, spéculations politiques et inquiétudes citoyennes, le débat sur une éventuelle révision de la Constitution camerounaise est désormais ouvert. Reste à savoir qui en sera l’initiateur, à quelles fins, et surtout au bénéfice de qui.

Rayan Cherki1008 - 20 Jan 2026 à 16:05
Il ne peut plus rien apporter au pays , qu’il accepte ça on quitte