La presse camerounaise est en deuil. Le journaliste Abodel Karimou est décédé le dimanche 12 décembre 2025 à Douala, des suites de maladie. Les circonstances exactes de son décès restent, pour l’heure, peu détaillées.
De nationalité béninoise, Abodel Karimou fut l’un des pionniers majeurs de la presse écrite au Cameroun. Il est le fondateur du journal La Gazette, créé en 1974, un hebdomadaire qui s’est imposé au fil des décennies comme le plus ancien journal papier encore actif dans le paysage médiatique camerounais.
Un héritage journalistique incontestable
À une époque bien antérieure à l’ère du numérique et à l’émergence de ce que certains qualifient aujourd’hui de « Sainte Trinité » de la presse camerounaise, La Gazette avait déjà marqué l’histoire. Son slogan, « La Gazette était là », résume à lui seul un itinéraire éditorial audacieux et rigoureux.
Spécialisé notamment dans les enquêtes de faits divers, le journal a atteint, selon de nombreux observateurs, un niveau d’excellence rarement égalé. Des dossiers emblématiques comme les affaires Pondo ou Dikoum restent des références dans le journalisme d’investigation au Cameroun.
Hommage de Benjamin Zébazé
Pour Benjamin Zébazé, directeur de publication du journal Ouest Littoral, l’œuvre d’Abodel Karimou force le respect :
« En toute honnêteté, aucun journaliste dans le monde ne peut trouver à redire sur la qualité du travail fourni. Lire Camille Nelle et ses compagnons autour d’Abodel Karimou était un pur régal. Chapeau l’artiste. »
Une page se tourne
Avec la disparition d’Abodel Karimou, le Cameroun perd non seulement un journaliste, mais un bâtisseur de presse, un homme dont le travail a contribué à structurer et professionnaliser durablement le paysage médiatique national.
Son héritage demeure vivant dans les archives, les mémoires et l’inspiration qu’il laisse à plusieurs générations de journalistes.

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