La rencontre du 22 janvier 2026 entre le Ministre de l’Eau et de l’Énergie (MINEE), Gaston Eloundou Essomba, et les industriels réunis au sein du GECAM a mis en évidence un contraste saisissant entre les données officielles et l’expérience quotidienne des acteurs économiques.
Sur le plan strictement technique, les chiffres présentés par le MINEE se veulent rassurants : une capacité installée de 1 536 MW pour une demande nationale estimée à 1 206 MW en situation dite « optimale », soit un excédent théorique de 330 MW. Cette marge, selon l’administration, permettrait de couvrir la consommation sans recourir aux centrales thermiques fonctionnant au fuel, réduisant ainsi les coûts et la dépendance énergétique.
Cependant, sur le terrain industriel, la réalité est bien plus nuancée. Le président du GECAM, Célestin Tawamba, a exprimé les préoccupations des entreprises confrontées à des coupures récurrentes, des baisses de tension et une instabilité persistante du réseau. Malgré les investissements massifs consentis dans les barrages hydroélectriques ces dernières années, la continuité du service reste aléatoire, avec un impact direct sur la productivité, les coûts d’exploitation et la compétitivité des industries locales.
Ce décalage interroge la chaîne énergétique dans son ensemble. Si la production semble globalement suffisante sur le papier, les vulnérabilités apparaissent davantage au niveau du transport haute tension, des postes de transformation, de la distribution et de la maintenance des infrastructures. Les pertes techniques, les contraintes liées à l’interconnexion des réseaux et la dépendance à l’hydraulicité saisonnière compliquent également l’équation.
En somme, le débat ne porte plus uniquement sur la capacité de produire, mais sur la capacité à acheminer et sécuriser l’énergie jusqu’au consommateur final, en particulier les unités industrielles qui ont besoin d’une alimentation stable et prévisible.
Transformer un surplus théorique en énergie réellement disponible suppose donc un renforcement du réseau, une modernisation des équipements, une meilleure planification de la maintenance et une gouvernance plus intégrée du secteur.

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